Le Sénégal transforme son modèle de financement : chaque franc CFA issu de la fiscalité ou des Partenariats Public-Privé (PPP)remplace désormais un franc issu de l’aide internationale, protégeant ainsi le pays des aléas diplomatiques comme les suspensions de financements de la Belgique.
Cette autonomie budgétaire se concrétise déjà dans la LFI 2026 par une mobilisation record des ressources projetées à 6 188,8 milliards FCFA (soit une hausse de 1 174 milliards par rapport à 2025), tandis que la part des dons-projets chute de 27 % pour tomber à 145,2 milliards FCFA. Le levier central de ce redressement est la pression fiscale que le gouvernement ambitionne de porter à 23,2 % en 2026 (contre 19,3 % en 2025) en élargissant l’assiette fiscale et en rationalisant les exonérations.
Cette corrélation directe entre la montée en puissance de la pression fiscale, ciblée à 23,2 %, et le désengagement des financements extérieurs comme ceux de la Belgique, démontre que le Sénégal ne subit plus les suspensions de partenaires, mais anticipe sur sa trajectoire souverainiste en finançant majoritairement sa croissance et sa transformation industrielle.
Muhamed NDIAYE, statisticien.








