LFR 2026, tensions au sein de la majorité et responsabilité politique : le temps du sursaut républicain
Par Coumba Ndoffène DIOUF
Président du Comité de pilotage provisoire de NDAWI KIIRAY – Les Patriotes Républicains
Le rejet de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l’Assemblée nationale, le 3 novembre dernier, constitue un événement politique majeur qui appelle une lecture lucide, responsable et dépassionnée. Au-delà des divergences budgétaires et des arguments avancés par les parlementaires, cette séquence révèle surtout une difficulté politique préoccupante : celle de la cohérence entre une majorité parlementaire et un Exécutif issu du même projet politique.
Il faut avoir le courage de le dire : une majorité parlementaire ne peut pas durablement se construire sur un projet commun et donner, dans le même temps, le sentiment de fragiliser l’action gouvernementale qu’elle est censée accompagner.
Le droit parlementaire confère aux députés une pleine liberté d’appréciation. Le contrôle de l’action gouvernementale, le débat contradictoire et le droit de désaccord sont des exigences démocratiques fondamentales. Toutefois, l’exercice de ces prérogatives doit toujours s’inscrire dans une logique de responsabilité nationale.
Le rejet de la LFR, intervenu à la suite de l’adoption d’une question préalable, avec 109 voix pour, 20 contre et 3 abstentions, sans examen approfondi du texte au fond, pose ainsi une véritable question de méthode et de cohérence politique.
LE DÉSACCORD NE DOIT PAS DEVENIR UNE ARME CONTRE L’EXÉCUTIF
Nous devons distinguer les divergences légitimes des postures politiques qui pourraient progressivement installer une crise de confiance entre les institutions.
On peut contester une orientation budgétaire, demander des explications au Gouvernement, réclamer davantage de transparence et proposer des amendements. C’est même le rôle d’une représentation nationale responsable.
Mais ce qui doit nous interpeller, c’est lorsque les divergences internes prennent une dimension publique qui donne le sentiment d’une confrontation permanente entre les différentes composantes d’un même camp politique.
Le Sénégal ne peut pas se permettre une guerre de positionnement au sommet de ses institutions. Les attentes des populations sont suffisamment importantes pour que les responsables politiques comprennent que le pouvoir n’est ni une propriété individuelle ni un instrument de règlement de comptes.
Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, incarne l’institution présidentielle et porte une responsabilité historique dans la conduite du projet de transformation nationale. Le respect de cette institution ne saurait être soumis aux fluctuations des rapports de force politiques.
Soutenir l’Exécutif ne signifie pas renoncer à son esprit critique. Cela signifie comprendre que les désaccords doivent contribuer à améliorer l’action publique, et non à affaiblir les institutions.
AUX DÉTRACTEURS DE L’EXÉCUTIF : LA RESPONSABILITÉ AVANT LA SURCHAUFFE POLITIQUE
Je m’adresse également à tous ceux qui, profitant de cette séquence, cherchent à transformer les divergences actuelles en une remise en cause globale de l’action du Président de la République et des institutions.
L’heure n’est ni à la récupération politique ni aux procès d’intention. Elle est à la responsabilité, à la retenue et à la défense de l’intérêt général.
Les difficultés économiques et financières du Sénégal sont réelles. Les défis liés à la dette, à l’emploi, au pouvoir d’achat et à la relance de l’économie nécessitent des réponses concrètes. Ils ne seront certainement pas résolus par des querelles politiques, des déclarations incendiaires ou des campagnes de déstabilisation.
Notre devoir est de défendre les institutions, d’accompagner les réformes et d’exiger des résultats, sans jamais confondre exigence républicaine et opposition systématique.
La loyauté politique ne doit pas être sélective. Elle ne peut pas être revendiquée uniquement lorsque les circonstances sont favorables.
KIIRAY DOIT ÊTRE UNE FORCE DE PROPOSITION, PAS UN ESPACE DE SURenchère
En tant que Président du Comité de pilotage provisoire de NDAWI KIIRAY – Les Patriotes Républicains, je considère que notre responsabilité dépasse les considérations de personnes et les dynamiques internes.
Notre mouvement doit participer activement au débat national, porter la voix de la jeunesse et défendre les orientations fondamentales de notre engagement : le patriotisme, la souveraineté, le panafricanisme et les valeurs républicaines.
La jeunesse de KIIRAY ne doit pas être réduite à une simple caisse de résonance des tensions politiques. Elle doit être capable d’analyser, de proposer, d’interpeller et surtout de contribuer à la stabilité et à la réussite du projet présidentiel.
Je salue toute initiative visant à permettre à la jeunesse de s’exprimer sur la situation nationale, notamment à travers un point de presse consacré à la LFR et à l’actualité politique. La prise de parole de la jeunesse est légitime et nécessaire.
Cependant, une telle initiative doit s’inscrire dans une démarche de concertation, de cohérence et de responsabilité collective. Notre ambition ne doit pas être de multiplier les expressions concurrentes, mais de construire une parole politique forte, crédible et rassembleuse.
L’heure est donc au dépassement des ego, à la clarification des positions et au rassemblement de toutes les forces qui se reconnaissent dans le projet porté par le Président de la République.
MON ENGAGEMENT : SERVIR LE PROJET, PROTÉGER LES INSTITUTIONS ET RASSEMBLER LA JEUNESSE
Je demeure convaincu que le Sénégal a besoin d’une jeunesse consciente de ses responsabilités, capable de faire preuve de courage politique sans tomber dans l’excès, de fidélité sans complaisance et de discipline sans renoncer à la liberté de pensée.
Je ne confonds pas loyauté et silence, pas plus que liberté d’expression et indiscipline politique.
Notre combat ne doit pas être celui des clans, des ambitions personnelles ou des rivalités de leadership. Il doit rester celui de la réussite du Sénégal.
À ceux qui veulent opposer les institutions, je rappelle que la République est plus grande que nos divergences. À ceux qui veulent transformer chaque désaccord en crise politique, je rappelle que la responsabilité commande parfois de savoir dépasser les passions.
Moins de revendications, plus de service. Moins de querelles, plus de propositions. Moins de positionnement, davantage de responsabilité.
C’est cette ligne que je défends et c’est dans cet esprit que j’entends poursuivre mon engagement au sein de NDAWI KIIRAY.
La fidélité à un projet politique se mesure surtout dans les moments difficiles. C’est précisément aujourd’hui que nous devons démontrer notre maturité collective.
Coumba Ndoffène DIOUF
Chargé de mission a la présidence de la république du Sénégal
Président du Comité de pilotage provisoire
NDAWI KIIRAY – Les Patriotes Républicains
